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LA GLOIRE DU COMACCHIO

dont Ferrare avait tressailli : celles des Biscanti, des Toria, des Poleoni, et tant, et tant, — c’était à leur connivence que Ferrare les devait.

Comme s’il eût deviné les réflexions de Cesare, Tubal les compléta :

— « Ce sont les dernières statues de Milanello. Il les avait faites d’avance. J’attendais, pour les employer, qu’on m’en donnât l’ordre… » Puis, tout bas, contre l’oreille, afin de mettre en valeur l’importance de révélations qui resserraient leur complicité : « Voyez-vous, on mêle à la cire de l’huile baptismale et des cendres d’hosties. La cire n’est pas rituelle, c’est une substance commode et voilà tout ; quant à l’huile et aux cendres, une cérémonie cabalistique peut y suppléer. Mais la ressemblance du mannequin doit être aussi parfaite que possible. (Sans cela, je ne m’adresserais pas à la fleur des statuaires !) Ensuite, vous habillez le double avec des nippes ayant appartenu au condamné ; vous lui administrez les sacrements ; vous prononcez sur lui les formules d’exécration et de malédiction… Le tour est