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LA GLOIRE DU COMACCHIO

Tubal. Et après tout, peut-être, ô Jacob, la Vérité sort-elle de ton puits… Que faudrait-il faire ? »

— « S’il vous plaît, Messer, commencez encore par un petit serment ! »

— « Je ne trahirai rien. Je ne te vendrai pas, Juif, foi de chrétien !… Que faudrait-il commettre ? »

— « Tout bonnement des portraits, — des statues bien ressemblantes. Vous les feriez de mémoire, sur des croquis, dans un atelier qui se trouve là. »

Cesare connut l’épouvante. Il s’écria : — « Des statues… Des statues de cire ?… »

Pour toute réponse, Tubal prit une lanterne qu’il alluma.

— « Venez », dit-il. « J’ai du vin dans ma cave dont vous me direz des nouvelles. »

La porte n’était pas dérobée, l’escalier n’avait rien de sépulcral, le caveau regorgeait de futailles pansues. L’une d’elles pivota sous la main du Juif, démasquant une ouverture et les marches d’un autre escalier. Celui-ci s’enfonçait profondément, vers le froid, l’humi-