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LA GLOIRE DU COMACCHIO

semblaient chercher quelque chose. Le Juif aperçut dans un recoin, tout près d’eux, les leviers et les marteaux qu’on avait employés à dresser les trois groupes. Il prévit un scandale irréparable…

— « Vous m’avez juré ! » dit-il avec force en s’accrochant aux habits de Cesare. « Vous m’avez juré sur la Madone, seigneur ! »

— « C’est une chance pour Baccio », grogna le sculpteur après une courte hésitation. « Oui, c’est une vraie chance pour lui que j’aie juré ! Mais si tu veux que je tienne mon serment, partons, Tubal, oh ! partons ! »

Fatima les reconduisit, tout effrayée de cette espèce de lutteur halluciné qui étouffait entre ses dents des clameurs de bagarre : À feu ! À sac ! À sang ! Pille ! pille ! Sus au traître ! À mort le gueusard ! et toutes les violences qu’il aimait à brailler dans l’action.


Maintenant le Juif l’a fait entrer dans une chambre de sa maison. Par la fenêtre, qui est en retour, la vue enfile les zigzags de la rue déjà nocturne où des lumières jaunes