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LA GLOIRE DU COMACCHIO

tête de mort. Va-t’en, je te dis ! » Mais, devant la retraite du Juif, Cesare se modéra. « Non, non, reste. Explique-toi. Comment cela se fait-il ? Je ne savais pas qu’il fût de la joute… »

Ils causaient à présent.

— « Nul ne le savait, Messer. Le complot s’est tramé proprement, sous cape. C’est un coup monté avec le duc. »

— « Mais le concours ? »

— « Comédie pour satisfaire la ville et les artistes. On a combiné tout en faveur de Baccio. »

— « Oh !… Le pire de mes élèves ! Un fabricant de fermoirs et de salières ! Un joaillier ! »

— « Précisément ! »

— « Un artisan privé de cœur ! Un bijoutier bellâtre ! »

— « Hem, hem : un cavalier qui sait mettre le poing sur la hanche. »

— « Je l’aurais déjà tué, si je n’avais préféré ma gloire à ma vengeance !… Ah ! Baccio ! Félon ! Mauvais disciple !… — Mais, Tubal, nous rêvons ! Il n’a point fait une