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LE BROUILLARD DU 26 OCTOBRE

j’imagine, au cours des vicissitudes géologiques. Mais, en fouillant avec soin, nous découvrîmes, dans la pâte marneuse, des conglomérats de terre rouge mêlée d’ossements.

J’isolai sur place des fragments de squelettes analogues à celui du pithécanthrope de Java. Les os des bras et des jambes présentaient, tous, les fameuses excroissances du fémur malais, qui ne sont ni des lésions mécaniques ni des stigmates d’arthritisme, mais bel et bien des apophyses naturelles où venaient s’attacher les tendons des ailes membraneuses. (Ces pièces, ajustées entre elles, forment un squelette composite à peu près entier, que l’amateur peut voir au Muséum sous la dénomination réputée fantaisiste de pteropithecanthropus erectus. On dit encore anthropopterix, ou plus communément l’homme ailé de Cormonville.)

Selon mes prévisions, la fouille ne mit au jour nulle poterie, même grossière, nul silex, même brut ; pas un tibia d’éléphant, massue toute faite ; pas une corne de narval ayant servi d’épieu. Aussi, grande fut ma surprise