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LE BROUILLARD DU 26 OCTOBRE

coûte que coûte. Elle devait contenir des fossiles inestimables. » Il me félicita chaudement d’avoir planté des repères, et me conjura de faire diligence, de peur que le vent ou quelque vagabond ne les eût enlevés.

Je partis avec des terrassiers munis de leurs instruments.

Les deux croix n’avaient pas été dérangées. L’orientation de la première indiquait la seconde, et l’orientation de la seconde indiquait la caverne. Ma rétine conservait le tableau des distances, et comptait trente mètres environ de la place où Fleury-Moor était tombé jusqu’à l’entrée du souterrain. Mois, à présent, l’apport des siècles avait poussé le talus d’une vingtaine de mètres en avant ; de telle sorte qu’il nous aurait fallu pratiquer une galerie de cette longueur, si, à deux mètres sur la gauche et dans la direction voulue, la carrière la plus opportune ne se fût enfournée. Je mesurai vingt mètres le long de sa paroi. Les terrassiers attaquèrent à droite, et rencontrèrent l’argile presque aussitôt.

Vers trois heures après midi, j’arrêtai le travail. Point de caverne. Elle s’était affaissée.