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souvent, au milieu de la nuit, priant et fondant en larmes.

Quand Gilbert, au contraire, était près d’elle, la malheureuse se jetait à son cou, le dévorait de caresses, lui jurait qu’elle l’aimait toujours autant qu’autrefois, le suppliait de lui dire qu’il ne cesserait jamais de l’aimer, et dès que, de nouveau, il s’absentait, elle tombait à genoux, comme pour demander au ciel pardon de l’amour qui faisait encore vibrer tout son être.

C’est au plus fort de ce combat qui la brisait, et dont Ronçay suivait avec terreur toutes les phases, que, profitant d’un moment où elle était seule avec le prince Charles, Mme Daltès le supplia de demander pour elle une audience au Saint-Père.

Nous avons raconté au début de ce récit l’accueil paternel de Pie IX à la comédienne et comment, en rentrant à la Minerve, celle que le Pape avait bénie s’était arrachée des bras de son amant, qui s’était écrié dans son désespoir : « L’Église me l’a volée avant que la mort me la prenne, » pendant que la pauvre Madeleine demandait à Dieu de lui donner le courage de tenir son serment.

Il nous reste maintenant à suivre le combat de l’âme et de la chair chez cette femme de vingt-cinq ans, dont la beauté et les désirs résistaient à un mal implacable, comme si tout conspirait en elle pour la rendre martyre ou parjure.