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que je suis innocente. Quant à la prison, pourquoi ne m’a-t-on pas condamnée à y passer dix années, plutôt que de me séparer de mon fils !

— Enfin, que vas-tu faire ?

— Rien ! Attendre, voilà tout !

— Et si on vient t’arrêter ici ?

— Ah ! c’est vrai, je n’y songeais pas ! Il faut, à tout prix, que j’épargne ce scandale à cette sainte maison où j’ai trouvé asile. Comment m’y prendre ? Eh bien ! rends-moi le service de demander, à qui ? je n’en sais rien : au procureur impérial, au commissaire de police, à Me Mansart, quel moyen je puis employer pour ne pas être arrêtée et conduite en prison comme une fille !

— Ma chère Éva !

— Je t’en prie, informe-toi aujourd’hui même ! Pense donc, s’ils venaient !

La brave femme comprit que sa nièce avait raison et retourna bien vite chez Me Mansart, qui la renseigna en ces termes :

— Dès qu’elle aura reçu signification du jugement, Mme Noblet n’aura qu’à faire connaître au procureur impérial son intention de se constituer prisonnière, et le parquet décernera contre elle un mandat d’écrou, dont elle recevra copie par la poste, pendant que l’original sera adressé au directeur de Saint-Lazare, le seul lieu de détention à Paris pour les femmes. Votre nièce s’y rendra et y sera écrouée séance tenante. Elle évitera ainsi une arrestation et toutes les formalités pénibles qui l’accompagnent. Je