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MES SOUVENIRS

le 21 septembre et l’armée piémontaise, massée entre Casal et Alexandrie, n’acceptant pas la bataille, était donc des plus sérieuses. Déjà le maréchal Radetzki avait envoyé des renforts sur le Tessin et un équipage de parc était arrivé à Sesto-Calende, à l’extrémité du lac Majeur. Il eût été impossible aux Français d’arriver à temps pour défendre le Piémont, car, l’intervention fût-elle décidée, la concentration des divisions de l’armée des Alpes, le passage des montagnes et la réunion de cette armée dans les plaines du Piémont eussent demandé au moins quinze jours.

Aussi la nouvelle de l’acceptation de la médiation anglo-française par l’Autriche fut-elle accueillie avec bonheur par le gouvernement piémontais et par les habitants de Turin. Elle donnait le temps de respirer, cette acceptation devant entraîner de droit une prolongation de l’armistice. Cette prolongation ne fut accordée par l’Autriche que pour un mois seulement. Cette médiation devait-elle conduire à une paix que le Piémont et les populations de l’Italie fussent disposés à accepter ? Sur ce point, le désaccord restait complet.

Le gouvernement sarde entendait maintenir, comme article invariable du traité de paix définitif, l’acte posant les bases de la médiation et attribuant au Piémont la possession de la Lombardie et des