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Page:Reinach - Diderot, 1894.djvu/167

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CHAPITRE VI

philosophie

Si la philosophie est bien, par définition, l’amour de la sagesse et s’il convient d’entendre par sagesse la science des choses divines et humaines, ainsi que des principes qui renferment ces choses[1], Diderot, d’un bout à l’autre de son œuvre, n’a pas cessé de philosopher. Dans tous ses écrits, les plus légers comme les plus graves, comme d’ailleurs dans ses conversations, le tour naturel de son esprit veut qu’il généralise toutes les questions. Passionnément épris de synthèse, ce qui lui a valu d’être appelé par Gœthe le plus allemand des Français, s’il observe toutes choses, l’art comme la physiologie ou l’industrie, avec le souci le plus scrupuleux de l’exactitude matérielle et du détail, c’est toujours pour rap-

  1. Rerum divinarum et humanarum, causarumque quibus hæ res continentur, scientia. (Cicéron, De off., II, c. 2.)