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CHAPITRE IV

les « salons »

Diderot n’a point inventé de toutes pièces la critique d’art. — Qui peut se targuer d’avoir jamais inventé ainsi quoi que ce soit ? — La Font de Saint-Yenne avait publié avant lui des comptes rendus des Expositions, qui sont très plats, Grimm en avait écrit qui sont sensés, Gresset en avait rimé qui sont détestables. Ce qu’a fait Diderot, après quelques tâtonnements, c’est d’abord de fondre dans un genre nouveau deux éléments jusqu’alors étrangers l’un à l’autre : une critique qui n’avait pas su encore s’élever au-dessus d’une simple besogne d’informateurs, une esthétique qui n’avait pas daigné encore descendre du ciel nuageux des métaphysiciens. Ensuite, bien que ses Salons ne soient allés, de son vivant, qu’à peu de lecteurs privilégiés et n’aient été imprimés qu’assez longtemps après sa mort, il éveilla chez ses contemporains, dont les plus déli-