Page:Regnard - Œuvres complètes, tome sixième, 1820.djvu/34

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Scène VII.

ARLEQUIN, en baron de La Dindonnière ;
ISABELLE, COLOMBINE,
deux Valets de chiens, avec des cors.



Arlequin, Sonnant du cor.

Ho, ho ! Gerfaut, Briffaut, Miraut, Marmiteau ! Ho, ho, ho ! (à Isabelle.) Mademoiselle, quand on chasse une jolie bête comme vous, on n’a pas besoin de chiens pour découvrir où vous êtes ; il est aisé de vous suivre à la piste, et le fumet de vos appas porte au nez de plus de cinq cents pas à la ronde.

(Il sonne du cor.)

Isabelle.

Monsieur, je n’aime pas qu’on me fasse l’amour à son de trompe, et vous faites un peu trop de bruit pour prendre les lièvres au gîte.


Arlequin.

Vous moquez-vous ? Je suis le gentilhomme de France le plus discret ; je sais qu’il faut du mystère en amour, et c’est pour cela que j’ai laissé ma meute dans votre antichambre.


Colombine.

Ah ! Mes pauvres meubles ! Vraiment, je m’en vais bien faire sauter tous les chiens par la fenêtre.


Arlequin.

Ne t’y frotte pas, ma mie ; ce sont des gaillards qui n’ont aucune considération pour le sexe.


Isabelle.

Ah, mon Dieu ! Colombine, le vilain homme !