Page:Regnard - Œuvres complètes, tome sixième, 1820.djvu/15

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


chée ? La Comédie des Comédiens Chinois ? Cette troupe-là est toujours magnifique en titres.


Thalie.

C’est pour l’ordinaire le plus beau de leurs pièces ; et, à vous parler franchement, je crois que celle-ci ne sera point meilleure que les autres : ce n’est pas que, si on se donne la peine de l’écouter jusqu’à la fin, ce qui est assez rare, on pourra peut-être s’y divertir.


Apollon.

Apparemment que le dernier acte est le meilleur de tous.


Thalie.

Je ne crois pas pour cela qu’il soit bon ; il peut être meilleur que les autres, et ne pas valoir grand’chose. Mais comme les comédiens s’y disent un peu leurs vérités, et se donnent par-ci par-là quelque petit coup d’étrille, il pourra être du goût du public, qui mord à la grappe quand il entend dauber un comédien.


Apollon.

Il est naturel de se réjouir des coups de dent que reçoivent ceux qui nous ont mordus, et je suis bien aise que les comédiens commencent à se rendre justice, et à tourner contre eux-mêmes les traits dont ils ont piqué les autres ; car enfin il n’y a point de profession qui ait échappé à leur satire ; procureurs, médecins, magistrats.


Thalie.

Vraiment, ils ont bien fait pis ; ils n’ont pas même