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SUR L’ANTIQUITÉ

astronomes, la lune étoit dans son plein dans chaque mois, le même jour qu’elle entroit dans le nakchatra d’où ce mois prend son nom. La manière dont les dérivés sont formés, deviendra plus sensible par la comparaison des mois avec leurs constellations.

1. Âsouina. 5. Mâgha. 09. Djyaichtha.
2. Cârtica. 6. P’hâlgouna. 10. Achara.
3. Mârgasîrcha. 7. Tchaitra. 11. Srâvana.
4. Paucha. 8. Vaisâkha. 12. Bhâdra.

Le troisième mois est aussi appelé âgrahâyana (d’où s’est formé, par corruption, le mot vulgaire agran), d’un autre nom de mrigasiras.

Rien de plus ingénieux que les vers mémoratifs où les Hindous ont coutume de lier ensemble une multitude d’idées qui n’ont d’ailleurs aucune espèce de connexion, et d’enchaîner, pour ainsi dire, la mémoire au moyen d’une mesure régulière. C’est ainsi qu’en exprimant trente-deux par dents, onze par roudra, six par saison, cinq par arc ou élément, quatre par océan, véda ou siècle, trois par rama, feu ou qualité, deux par œil ou coumara, et un par terre ou lune, ils ont composé quatre vers qui indiquent le nombre des étoiles dans chacune des vingt-sept constellations.

Vahni tri ritouichou gounéndou critâgnibhoûta,
Bànâsouinetra sera bhoûcou yougabdhi râmâh,
Roudrâbdhirâmagounavédasatâ douiyougma
Dentâ boudhairabhihitâh crama su bhatârâk.

C’est-à-dire, « trois, trois, six ; cinq, trois, un ; quatre, trois, cinq ; cinq, deux, deux ; cinq, un, un ; quatre, quatre, trois ; onze, quatre et trois ; trois, quatre, cent ; deux, deux, trente-deux. Les sages ont aussi dénombré les étoiles des constellations lunaires, dans l’ordre où elles paroissent. »

Si cette stance m’a été récitée d’une manière correcte, on regarde les deux achâras comme une seule constellation, et abhidjit comme trois étoiles séparées ; mais je soupçonne une erreur dans le troisième vers, parce que douibâna, ou deux et cinq, conviendroit aussi bien à la