Page:Recherches asiatiques, ou Mémoires de la Société établie au Bengale, tome 2.djvu/358

Cette page n’a pas encore été corrigée
332
SUR L’ANTIQUITÉ


XVI.
SUR L’ANTIQUITÉ
DU ZODIAQUE INDIEN,
Par le Président.

Je prends l’engagement de soutenir une opinion que l’ingénieux et savant Montucla semble traiter avec le dernier mépris. Je prouverai que la division indienne du zodiaque ne fut point empruntée des Grecs ou des Arabes ; mais que, connue dans l’Inde depuis un temps immémorial, et étant en partie la même que celle qui est en usage parmi les autres nations de race hindoue, elle eut probablement pour inventeurs les premiers ancêtres de cette race, avant leur dispersion. « Les Indiens, dit Montucla^^a, ont deux divisions du zodiaque : l’une semblable à celle des Arabes, et relative à la lune ; elle est en vingt-sept parties égales, dont ils se servent pour connoître à-peu-près les heures de la nuit : l’autre est relative au soleil, et est, comme la nôtre, en douze signes, auxquels ils donnent des noms qui répondent à ceux que nous tenons des Grecs. » Tout cela est vrai ; mais il ajoute : « Il est fort probable qu’ils les ont reçues autrefois par l’entremise des Arabes ; car je ne pense pas que qui que ce soit se persuade que c’est l’ancienne division du zodiaque, faite, suivant quelques auteurs, par les premiers pères du genre humain, qui s’est ainsi conservée parmi eux. » Or j’entreprends de prouver que le zodiaque indien ne fut emprunté ni médiatement ni directement des Arabes ou des Grecs ; et puisque sa division solaire est en substance la même dans l’Inde que celle dont les Grecs faisoient usage, nous sommes fondés à conclure que

a Histoire des mathématiques, t. I.er, p. 402, ire édition. (L-s.)