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il venait encore, il se retournait ; — tout à coup il parut, il fut dans la partie de la pente encore visible, il fut en haut de ces premières pentes de pré : Bonvin ! Bonvin, le chasseur !

— Bonvin !

On criait : « Bonvin ! Bonvin ! » Il s’était arrêté.

Mais parce qu’il avait besoin de souffler, rien de plus. Besoin de faire halte un petit moment sans quoi on sent qu’on va tomber ; et il est là, les bras le long du corps, la tête tenue un peu renversée ; puis, s’étant retourné encore, il lève brusquement son coude replié à hauteur de son visage, comme quand on va recevoir un coup ; — à ce moment, ce fut comme s’il se levait, en arrière de lui, un grand rire.

— Bonvin ! Bonvin !

Mais eux non plus ne savaient déjà plus très bien ce qu’ils faisaient, ni ce