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RAMSAY. — MESURES DE QUANTITÉS INFINITÉSIMALES

LES MESURES DE QUANTITÉS INFINITÉSIMALES DE MATIÈRES [1].

Par Sir William RAMSAY.


Nos recherches sur les gaz rares nous ont nécessairement amenés à mesurer leurs densités, afin de pouvoir tirer une conclusion relative à leurs poids atomiques. Jusqu’à cette époque (1895), on se servait de ballons ayant une capacité de plusieurs litres ; ainsi Regnault, dans ses expériences classiques, s’est servi de ballons d’environ 2 litres ; lord Rayleigh a employé des récipients de même capacité. N’ayant pu, au commencement de nos recherches, séparer de l’atmosphère plus de 200 centimètres cubes, il nous a fallu déterminer la densité avec une quantité de beaucoup inférieure, environ 160 centimètres cubes. Il est facile, cependant, de comprendre que même cette quantité est capable de donner un résultat satisfaisant ; car le poids d’argon déterminé par la balance était de 0gr,27, et même avec une balance dont la sensibilité n’excède pas 0mg,1, l’erreur ne dépasse pas 1 partie pour 2.700.

Plus tard, lorsque nous avons réussi à obtenir les congénères de l’argon — le néon, le crypton et le xénon — qui forment une fraction minime de l’atmosphère, nous sommes devenus plus hardis ; nous avons pesé seulement 32 centimètres cubes de néon, à une pression de la moitié de l’atmosphère ; son poids était d’environ 0gr,011. Pour le crypton et le xénon, la quantité à notre disposition ne nous permettait pas de peser plus de 7 centimètres cubes ; mais leurs plus grandes densités permettaient d’arriver à une exactitude égale, car le poids était de 0gr,015. L’erreur ne dépassait pas 1 ou 2 pour mille.

Nous avons essayé aussi d’estimer les volumes spécifiques de crypton et de xénon à l’état liquide ; nous avons construit des tubes capillaires, dans lesquels les gaz se liquéfiaient à une basse température ; et nous avons réussi à mesurer des quantités telles que 0cm³,006.

Mais quoique ces quantités soient assez petites, celles des produits radio-actifs sont beaucoup moindres. D’abord, le radium ne se trouve pas en grande quantité ; et à cause de la lenteur de sa désagrégation, qui dure pendant des milliers d’années, on ne peut disposer que de quantités minimes de ces substances. Je vous rappellerai, Messieurs, que la moitié de la vie du radium remonte jusqu’à 1700 ans ; qu’il se

  1. Conférence faite à la Société française de physique, séance du 20 avril 1911.