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ques ne croissent que sur le bois pourri ou dans son voisinage.

Et même, à la surface de la terre, que l’on prive un végétal ou un animal de la clarté du jour, quelque nourriture qu’on lui donne, quelques soins qu’on lui prodigue, on le verra successivement perdre sa couleur et toute sa vigueur, cesser de croître et se rabougrir. L’homme lui-même, lorsqu’il est privé de la lumière, devient pâle, mou, débile, et finit par perdre toute son énergie, comme l’attestent les exemples, malheureusement trop nombreux, des personnes qui ont été renfermées pendant longtemps dans un cachot, les maladies qui atteignent les mineurs, les marins de la cale des navires, et même les ouvriers des manufactures mal éclairées, les habitants des caves, des rez-de-chaussée ou des rues étroites.

II.

Peu d’études donnent lieu à plus de surprises que celle de la lumière.

De même que pour la chaleur, deux hypothèses ont été émises à son sujet :

Celle de l’émission, à laquelle le nom de Newton a donné pendant longtemps une grande autorité, et celle des ondulations, dont Descartes est l’auteur, et qui est généralement adoptée aujourd’hui.

L’hypothèse de l’émission suppose qu’un corps lumineux lance dans toutes les directions une substance matérielle