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Quoique mauvais conducteurs, les liquides s’échauffent promptement lorsque leur partie inférieure est en contact avec une surface chaude, car à mesure que la couche liquide appliquée immédiatement sur cette surface s’échauffe, son volume augmente et ses parties deviennent plus légères que les parties supérieures ; alors elles s’élèvent et sont remplacées par d’autres, qui ne tardent pas à éprouver le même effet ; il s’établit ainsi des courants ascendants et d’autres descendants qu’il est facile de constater, en introduisant quelques corps légers dans le liquide, par exemple de la sciure de bois ; dans ces mouvements, toutes les molécules reçoivent la chaleur du fond du vase et la répartissent entre elles.

Si, au contraire, la chaleur est communiquée par la partie supérieure, les couches chaudes dont le poids spécifique est moindre, ne peuvent être déplacées, et la partie inférieure du vase ne s’échauffe pas. La vaporisation de l’eau a lieu alors sans être précédée du phénomène de l’ébullition.

Pour la même raison, l’eau des lacs et celle de la mer offrent souvent une température plus élevée à leur surface qu’à une certaine profondeur.

Plus mauvais conducteurs que les liquides, les gaz s’échauffent très promptement, en raison aussi de l’extrême mobilité de leurs molécules, qui fait que chacune vient successivement se mettre en communication avec la source de chaleur.

Pour rendre l’air plus mauvais conducteur, il suffit d’entraver le mouvement de ses molécules au moyen de corps légers, tels que des plumes, du coton, etc.