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sensiblement sous la couverture noire, tandis qu’elle ne diminuera presque pas sous la blanche.

On voit donc que non seulement la chaleur se répand à la surface des corps, mais qu’elle pénètre dans leur intérieur, et cela en plus ou moins grande quantité et plus ou moins promptement selon leur nature.

Tous les corps dans lesquels la chaleur se propage facilement sont appelés bons conducteurs de la chaleur ; ceux dans lesquels elle se propage difficilement sont appelés mauvais conducteurs.

Les métaux sont de bons conducteurs de la chaleur ; mais les gaz, les liquides, la porcelaine, la terre à poterie la conduisent moins bien. Le charbon et les diverses espèces de bois lorsqu’ils sont secs, le verre, les résines, etc., la conduisent moins encore. Mais rien ne la transmet moins que les substances formées de filaments très fins, de petites écailles ou parcelles qui se touchent par très peu de points, comme le cuir, la laine en flocons, la soie en brins, le duvet, etc.

Tout le monde sait qu’on peut faire rougir un morceau de charbon, même fort court, par une de ses extrémités, et le tenir à la main par l’autre, sans se brûler, tandis que l’on ne pourrait faire la même chose avec une tige de fer de même longueur.

Il est un moyen facile et à la portée de tout le monde d’apprécier la conductibilité de différents corps : en prenant, par exemple, des tiges métalliques parfaitement égales, en les enduisant de cire à l’une de leurs extrémités et les plongeant ensuite dans un bain chaud par l’extrémité opposée, on voit facilement quelle est la tige