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IV.

Il est à remarquer que la chaleur est promptement, facilement reçue et transmise par certains corps, tandis qu’elle ne l’est presque pas par d’autres. Ainsi elle n’échauffe que très peu les surfaces bien polies, elle est réfléchie par elles presque en totalité ; mais lorsque ces rayons tombent sur des surfaces ternes ou dépolies, ils sont la plupart absorbés et échauffent le corps qui les reçoit.

Un miroir métallique, par exemple, renvoie la chaleur presque entièrement, tandis que si l’on couvre sa surface d’une légère couche de noir de fumée il l’absorbe promptement.

Une bouilloire d’argent bruni, remplie d’eau et mise au milieu de charbons ardents, s’échauffe très lentement ; mais si l’on expose préalablement sa surface extérieure au-dessus de la fumée, de manière à la noircir, réchauffement est ensuite très rapide.

Si l’on soumet deux thermomètres, dont les boules soient revêtues, l’une d’un morceau d’étoffe noire et l’autre d’un morceau d’étoffe blanche, aux rayons de la même source de chaleur, le mercure, qui par sa dilatation marque l’augmentation de calorique, augmentera plus rapidement de volume dans le thermomètre dont la boule est revêtue de l’étoffe noire que dans l’autre.

Si l’on étend sur une surface glacée, sur de la neige par exemple, exposée aux rayons du soleil, deux couvertures, l’une noire et l’autre blanche, la neige diminuera