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En général, les aérolithes offrent une grande régularité de forme ; leurs angles nombreux sont souvent émoussés par la fusion, et leur surface est recouverte d’une sorte d’émail métallique noirâtre, dont l’épaisseur dépasse rarement un millimètre. À l’instant de leur chute, ils ont une température élevée ; leur pesanteur varie depuis quelques grammes jusqu’à plusieurs centaines de kilogrammes.

Celui que Pallas trouva en Sibérie est estimé peser 800 kilogrammes. Dans le Brésil il y en a un qui, dit-on, pèse 700 kilogrammes, et un autre, trouvé sur les bords de la Plata, pèserait plus de 50 000 kilogrammes.

Les aérolithes furent connus dès la plus haute antiquité ; Anaxagore les fait tomber du soleil, et suivant lui cet astre ne serait qu’un immense aérolithe.

Du temps de ce philosophe, une pierre noirâtre, de la dimension d’un char, tomba près du fleuve Ægos-Potamos, en Thrace. C’est le premier phénomène de ce genre dont les historiens aient fait mention. Cette pierre se voyait encore dans le même lieu du temps de Vespasien.

Des projectiles du même genre se trouvaient dans le gymnase d’Abydos, et dans la ville de Canondria, en Macédoine. Pline dit avoir vu une de ces pierres tomber dans la campagne des Vocontiens, dans la Gaule Narbonnaise. Cybèle était adorée en Galatie, sous la forme d’une pierre tombée du ciel ; à Émèse, en Syrie, le Soleil recevait un culte semblable sous la même forme.

Dans l’importante monographie sur les météorites que nous avons citée, M. Daubrée s’exprime ainsi : « Lorsqu’on réfléchit au nombre des météorites que la Terre voit tous