Page:Rambosson - Histoire des Météores, 1883.djvu/457

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


est très peu d’explosions qui ne soient accompagnées, ou plutôt précédées des deux ou de l’une au moins des circonstances signalées par M. Dobson, comme favorisant l’écoulement du grisou, c’est-à-dire de la diminution brusque de la pression de l’air ou de l’élévation brusque de la température.

Un cas très remarquable qui vient à l’appui de cette assertion est le passage sur l’Angleterre de l’ouragan de 1854, dont la marche a été habilement tracée par M. Liais, et qui s’est terminé par une tempête sur la mer Noire. Cet ouragan a été signalé par cinq explosions, arrivées coup sur coup dans cinq mines différentes et en quatre jours, c’est-à-dire pendant la durée de la grande dépression du niveau barométrique causée par l’ouragan.

Les ouvriers mineurs de France et d’Angleterre ont remarqué depuis longtemps que les gaz inflammables sortaient en plus grande abondance des fissures des couches et tendaient davantage à envahir les galeries lorsque le baromètre était très bas ou que le vent soufflait plus chaud du sud ou du sud-ouest. On trouve ces observations consignées à plusieurs reprises dans les rapports présentés aux chambres des lords et des communes, en 1834, 1852, 1853, 1854, etc., par les sous-comités chargés des enquêtes sur les accidents des houillères.