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détonations de mousqueterie, en fragments lumineux.

Ce phénomène n’a duré que quelques instants, l’obscurité l’a remplacé ; mais les deux nuages formés par l’éruption ont continué leur route en deux sens opposés avec la force d’impulsion première qui leur avait été sans doute communiquée par l’explosion volcanique, car le calme le plus parfait régnait dans l’atmosphère. Ces deux nuages ont fini par se dissoudre en une pluie de cendres qui a couvert toutes les localités environnantes, à plus de sept lieues de rayon du centre volcanique. La cendre provenant du nuage qui s’est dirigé vers Saint-Philippe est grise, elle est aussi fine que la farine de blé. Celle de Sainte-Rose est grenue comme de la poudre de chasse, et ressemble assez au sable de la rivière de l’Est ; elle en diffère en ce qu’elle n’a pas, comme celui-ci, des fragments cristallins et brillants. Le sol a été partout jonché de ces cendres, les plantes en ont été entièrement couvertes, et cette pluie a été générale, depuis l’extrémité sud de la commune de Saint-Philippe jusqu’à quelques kilomètres de la ville de Saint-Benoît. À 16 milles en mer, le trois-mâts la Marie-Élisa, qui venait au mouillage de Sainte-Rose, et dont le capitaine a été l’un des observateurs favorisés, a eu son pont entièrement couvert de cendres.

La plupart des familles ont évacué leur case à la hâte, emportant leurs objets les plus précieux. Une heure après l’éruption, toute la nature avait repris son calme habituel, et l’on n’apercevait plus que la lueur que répand le volcan depuis longtemps.

Les laves incandescentes varient beaucoup de vitesse :