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C’est de ces lieux qu’on allait admirer le superbe phénomène que présentait le volcan en activité.

IX.

Notre ami M. Hugoulin s’est immédiatement transporté au point de l’éruption, et a pu constater les faits les plus intéressants ; nous le suivrons dans le résumé suivant :

Le 19 mars 1860, à huit heures et demie du soir, un roulement sourd, mais fort bruyant, s’est fait entendre dans toutes les localités voisines du Grand-Brûlé. Ce bruit était partout comparable à celui que ferait une charrette pesamment chargée d’objets de fer. C’est là l’impression commune qu’ont éprouvée dès l’abord tous les observateurs. Ce bruit produisait une certaine vibration du sol ; il n’y avait pas tremblement de terre proprement dit, mais la trépidation était assez forte pour faire osciller les meubles et les ustensiles.

Une épaisse colonne de fumée grisâtre s’est élancée perpendiculairement dans l’espace, du sommet de la montagne du volcan, dans la partie voisine du Piton de Crac. Cette colonne paraissait avoir plus de 100 mètres à la base ; elle a été en s’agrandissant à son sommet, de manière à former un nuage épais, qui s’est étendu en deux sens presque opposés, donnant ainsi naissance à deux nuages distincts. L’un a pris la direction nord-est, vers le bourg de Sainte-Rose ; il a empêché les observateurs de cette localité d’apercevoir