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ont pu parfaitement observer ce phénomène, qui paraissait plus intense encore lorsque des nuages, faisant l’office de vastes écrans, réfléchissaient la lumière.

La place Candide est dans une situation délicieuse, au bord de la mer. Qu’il fait bon, le soir, sur cette place, toujours émaillée de verts gazons, où l’on va prendre un bain d’air qui pénètre dans tous les pores, à travers les vêtements de toile blanche du promeneur ! C’est là aussi que se trouve le cirque où vont se distraire les élégantes créoles, et où ont lieu le dimanche les danses pittoresques des nègres.

À quelque distance se trouve le cimetière, que battent les flots jour et nuit, et qu’ombrage une allée de filaos, arbre le plus gracieux du monde, et qui rappelle le sapin et le saule-pleureur ; ses feuilles longues, pressées, cylindriques et fines comme des cheveux, penchent vers la terre, et la brise qui les fouette chante mélodieusement d’une voix qu’on recherche toujours dès qu’on l’a entendue une fois.

Ce cimetière est une espèce de miniature des champs de repos de toutes les nations ; il y a en effet des monuments de tous les ordres, de tous les styles, des inscriptions dans toutes les langues. Il est difficile de retenir quelques larmes en lisant des épitaphes telles que celle-ci : « Ici repose un tel … Sa mère le pleure à travers l’Océan. » Il est impossible de dire, sur ce point marqué au milieu de la mer des Indes, l’impression que font ces tombeaux qui recèlent les derniers restes de ceux qui appartiennent à notre patrie, et qui sont nés sur cette terre éloignée et chérie où respirent tant d’êtres qui nous sont chers.