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abîmes avec un bruit vaste et effrayant semblable à des tonnerres continus.

Le Vésuve avait donné le signal d’une nouvelle guerre, et, quoique déjà un peu apaisé, il vomissait encore plusieurs fois par minute des flammes, des laves embrasées, et lançait vers le ciel les éclairs de sa bouche retentissante, comme des décharges répétées de grosses pièces d’artillerie.

À peine étions-nous à l’abri des projectiles sur les bords du cirque ; cependant nous nous y assîmes pour déjeuner. Mon guide fit cuire des œufs sous la cendre brûlante, et des Napolitains complaisants vinrent nous offrir du vin de Lacryma-Christi qui avait pris naissance sur les flancs mêmes de la montagne.

Les îles Éoliennes ou de Lipari sont remarquables par les masses de matières gazeuses ou de vapeurs qu’elles vomissent dans l’atmosphère. Le Stromboli, volcan central du groupe, est un cône d’une forme très régulière et bien déterminée, que les navigateurs ont surnommé depuis longtemps le phare de la Méditerranée. Ce volcan jette continuellement des flammes, mais avec cette particularité singulière que, depuis deux mille ans, il n’a pas fait d’éruption proprement dite[1].

  1. Nous devons à M. J. A. Barral d’excellentes cartes des volcans et des montagnes. Peu de savants ont rendu autant de services à la météorologie naissante et à l’astronomie que M. Barral ; il a communiqué de nombreux et importants mémoires à l’Académie des sciences, que l’on retrouve en partie dans les œuvres d’Arago, qui ont été publiées d’après l’ordre de l’illustre académicien sous son habile direction ; nous y avons spécialement remarqué les observations météorologiques faites pendant ses voyages aéronautiques ; des mémoires sur les eaux de pluies, le magnétisme de rotation ; l’influence des