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ment de terre et écrasés sous les ruines, ou qui ont été murés vifs dans leurs retraites par les déjections volcaniques, sont tombés foudroyés sur tous les chemins. Les pierres ponces lancées par le volcan étaient poreuses et légères : on pouvait s’en garantir assez facilement, ainsi que des cendres, en se couvrant la tête d’un voile et d’oreillers. L’ensevelissement de Pompéi n’a pas été d’ailleurs si rapide et si complet qu’il pût, comme on le croit vulgairement, surprendre chacun à son travail ou à son plaisir, sans lui laisser le loisir de la fuite.

« Pompéi ne fut alors qu’à demi enterrée, sous une couche d’environ quatre mètres de pierres ponces, recouverte d’un mètre de cendres. Les étages supérieurs dépassaient le niveau ; mais les survivants, au lieu de déblayer leur ville, ne songèrent qu’à la fouiller. Les maisons de Pompéi portent de nombreuses traces de ces fouilles, qui les ont souvent dépouillées de tout ce qu’elles contenaient de précieux. Plus tard, lorsqu’une Pompéi nouvelle, plus humble et plus pauvre, s’éleva sur un territoire voisin, que possédait le municipe et qu’avait épargné l’éruption, les Pompéiens se servirent de leur ancienne ville comme d’une carrière, où ils allaient prendre tous les matériaux dont ils avaient besoin. Elle ne fut complètement enterrée que par des éruptions postérieures. Puis l’herbe et l’oubli poussèrent sur son emplacement, comme sur une tombe, jusqu’en 1748, où les découvertes d’un paysan amenèrent enfin le commencement des fouilles, mais sans que l’ingénieur chargé de cette tâche, pas plus que ses contemporains, se doutassent alors qu’il s’agissait de Pompéi.