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IV.

Le Vésuve, pris dans son ensemble, offre une masse conique, isolée, s’élevant, au milieu d’une vaste plaine, à 1 200 mètres au-dessus de la mer de Naples. Il s’est éteint et rallumé à plusieurs reprises.

Vitruve et Diodore de Sicile, qui écrivaient du temps d’Auguste, disent, d’après les témoignages historiques, que le Vésuve avait anciennement vomi des feux comme l’Etna.

Ce volcan se rouvrit l’an 79 après Jésus-Christ, le 24 août. Cette éruption ensevelit les villes d’Herculanum, de Pompéi et de Stabie. On sait que Pline le naturaliste périt victime de la vive curiosité que cet imposant phénomène lui avait inspirée.

Pline le jeune écrivant à Tacite, sur ce sujet émouvant, s’exprime ainsi : « … Cependant, de plusieurs endroits du Vésuve on voyait briller de larges flammes et un vaste embrasement, dont les ténèbres augmentaient l’éclat. Pour calmer la frayeur de ses hôtes, mon oncle leur disait que c’étaient des maisons de campagne abandonnées au feu par les paysans effrayés. Ensuite il se livra au repos et dormit d’un profond sommeil ; car on entendait de la porte le bruit de sa respiration, que sa corpulence rendait forte et retentissante. Cependant la cour par où l’on entrait dans son appartement commençait à s’encombrer tellement de cendres et de pierres, que s’il y fût resté plus longtemps il lui eût été impossible de sortir. On l’éveille. Il sort, et va rejoindre Pomponianus