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« J’ai souvent entendu le bruit des aurores, ajoute le docteur Gisler, ce bruit ressemble à celui d’un fort vent ou au bruissement que font quelques matières chimiques dans l’acte de leur décomposition … J’ai cru souvent trouver que le nuage avait l’odeur de fumée ou de sel brûlé … »

Les paysans de Norvège lui apprirent qu’il s’élevait quelquefois du sol un brouillard froid, d’un blanc verdâtre, qui obscurcissait le ciel, quoiqu’il n’empêchât pas de voir les montagnes de loin ; ce brouillard, à la fin, donnait naissance à une aurore boréale.

Cook rapporte quelques observations d’aurores australes, et, avant ce navigateur, Frazer, doublant le cap Horn, en 1712, en avait aperçu une à travers les brouillards, si communs sous ces latitudes. Depuis lors ce phénomène a été observé par beaucoup de navigateurs.

IX.

Les aurores boréales sont très rarement aperçues dans les pays un peu méridionaux, comme la France. On ne peut y voir que celles dont les flammes s’élancent au loin dans les régions du ciel, et brillent comme des poutres, des colonnes, des javelots embrasés ; et souvent il s’écoule des années en grand nombre entre deux de ces aurores imposantes. La précédente est oubliée lorsqu’il en paraît une autre.

Aussi les aurores, ainsi que les comètes, étaient-elles regardées comme des signes de la colère céleste, des