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temps, car dans certains parages l’orage arrive tout à coup sans se faire annoncer ; on paraît s’en soucier fort peu, et même, ce qui est incroyable, quand le moment est venu où la foudre se fait craindre, on ne prend aucune précaution pour que le conducteur soit isolé, ce qui est d’une incurie sans nom ou d’une ignorance absolue, car alors le paratonnerre devient très dangereux, et attire la foudre sur le navire plutôt que de l’en préserver.

Je me suis trouvé plusieurs fois au milieu des plus grands orages de l’Océan, aux environs du cap de Bonne-Espérance surtout, étonné de voir le conducteur en communication avec le navire, je fis quelques observations et j’eus mille peines à faire comprendre au marin qui lançait la chaîne à la mer, qu’il fallait l’isoler du navire. Après quelques moments de réflexion, il se souvint qu’il manquait en effet quelques petits instruments ; il alla les chercher, et c’étaient justement les supports isolants. Je pensais que ce navire faisait exception sous ce rapport. Je pris des informations et je me suis convaincu qu’il en est à peu près de même sur la plupart des bâtiments marchands.

Il vaudrait donc mieux, dans l’état actuel des choses, qu’il n’y eût pas de paratonnerre sur le plus grand nombre de ces navires, à moins que l’on n’adopte le système de M. Harris : le conducteur étant fixé constamment à travers le mât, on n’a plus rien à craindre de l’ignorance ou de l’incurie.