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fois entré dans l’ensemble des lames métalliques, le fluide électrique les traverse sans tendance aucune à en sortir, et s’écoule dans la mer par la quille, sans rien détruire. Presque dans les mêmes parages, en 1839, le vaisseau de Sa Majesté le Rodney, de 90 canons, fut aussi atteint par la foudre ; il n’était armé malheureusement que des anciens paratonnerres à chaînes : M. Harris n’avait pas encore fait adopter ses conducteurs ; aussi le Rodney fut-il tout en feu pendant vingt minutes. Son grand mât et son grand hunier furent brisés ; son grand mât de perroquet fut réduit en poussière qui flottait à la surface de la mer ; deux hommes de l’équipage furent tués sur le coup, et le navire fut obligé de rester en réparation deux mois entiers dans le port de Malte. Ce coup de foudre coûta au trésor 250 000 francs ! M. Harris a donc grandement mérité de son pays en mettant la marine royale anglaise, d’une manière presque absolue, à l’abri de ces terribles accidents dont les suites sont escomptées si chèrement.

IX.

Sur les navires qui ne suivent pas le système de M. Harris, le paratonnerre est mis en communication avec la mer par le moyen d’une chaîne conductrice. Lorsque l’orage paraît éloigné, on retire la chaîne de la mer, on la laisse traîner sur le pont, on la décroche même quelquefois du paratonnerre, et lorsque l’orage arrive, on la remet quand on y pense et quand on a le