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IV.

Pour se faire une idée juste de toutes les causes qui concourent à l’explosion de la foudre, il ne faut pas considérer seulement les constructions ni les objets qui s’élèvent au-dessus du sol ; il faut tenir compte encore du sol lui-même et de toutes les substances qui le constituent, depuis sa surface jusqu’à de grandes profondeurs dans les entrailles de la terre. Un sol aride, composé d’une couche mince de terre végétale sous laquelle se trouvent d’épaisses formations de sable sec, de calcaire ou de granit, n’attire pas la foudre, parce qu’il n’est pas conducteur de l’électricité ; s’il est exposé à ses coups, ce n’est qu’accidentellement, après les pluies qui ont imbibé sa surface. Là, les bâtiments participent jusqu’à un certain point au privilège du sol, à moins qu’ils ne soient construits dans le nouveau système et qu’ils n’occupent une étendue assez considérable. Mais sous ce sol aride et sec y a-t-il, à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, de grands gisements métalliques, de vastes cavernes, des nappes d’eau ou seulement des fontaines abondantes, les nuages orageux exercent leur action sur ces matières conductrices, la foudre est attirée, elle éclate en franchissant l’intervalle ; la croûte sèche n’est pas un obstacle insurmontable ; elle peut être percée, fouillée, fondue, à peu près comme l’est une couche de vernis par l’étincelle électrique. Alors malheur aux constructions qui se trouvent sur son passage ! Fussent-elles de pierre