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charger un corps bon conducteur si on le place dans le vide produit par la machine pneumatique ; car, dans ce cas, l’électricité que l’on développe s’échappe aussitôt sous la forme d’aigrettes lumineuses.

La force électrique fait donc un effort continuel pour vaincre l’influence atmosphérique ; et l’on désigne cet effort sous le nom de force de tension de l’électricité. Cette tension peut être comparée à celle qu’exercent les fluides pondérables contre les parois des vases qui les contiennent : quand les parois sont résistantes, le fluide est retenu ; mais si elles sont trop faibles, elles cèdent à la pression, et le fluide s’épanche. Il en est de même de l’électricité ; lorsque sa tension est assez puissante pour rompre l’influence de l’atmosphère, qui fait l’office des parois d’un vase, elle se propage à travers l’espace.

La distribution de cet agent à la surface des corps dépend considérablement de leur forme : si le corps est sphérique, il résulte des propriétés mêmes de sa surface que le mouvement électrique s’y distribue uniformément, et présente partout la même puissance.

Si le corps a une forme allongée, terminée en pointe, l’accumulation et la tension électriques augmentent proportionnellement à mesure que l’on approche de l’extrémité effilée.

La tension de l’électricité devient extrême au bout d’une pointe aiguë : la résistance de l’atmosphère est insuffisante pour la retenir, et le chargement d’un corps bon conducteur ainsi terminé devient impossible.

En physique, on appelle pouvoir des pointes cette propriété qu’elles ont de faciliter l’écoulement de l’électricité ;