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un instant la conscience que le moment suprême de la mort est là.

IX.

M. Colladon a présenté à l’Académie un mémoire concernant les effets de la foudre sur les arbres. Il reconnaît que chaque espèce d’arbres présente des lésions ayant des caractères spéciaux. Pour quelques espèces, pour les peupliers, par exemple, les parties les plus élevées et les plus jeunes ne sont nullement altérées par de violents coups de foudre ; les lésions se manifestent habituellement sur la partie inférieure du tronc, dont le bois, moins bon conducteur de l’électricité, subit seul des altérations par le passage du courant. C’est là seulement que l’on voit des places dénudées d’aubier et d’écorce : ce qui a donné lieu au préjugé très répandu d’arbres frappés au milieu, au tiers ou au quart de leur hauteur. Il peut arriver qu’un arbre très bon conducteur de l’électricité ne présente aucune lésion apparente, à la suite d’un très violent coup de foudre.

Dans la plupart des cas, la foudre ne frappe pas un point unique de l’arbre, mais elle s’étale sur la totalité des branches supérieures ou latérales ; quelquefois elle frappe simultanément le sommet de plusieurs arbres contigus et se dissémine sur une très grande quantité de feuilles et de rameaux. M. Colladon démontre par plusieurs faits bien caractérisés que, en général, chaque branche située dans la partie élevée de l’arbre, recueille et transmet au