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Ces phénomènes de transport sont fréquents ; mais une chose très curieuse, c’est que la foudre, dans son passage, s’identifie, pour ainsi dire, avec certains corps. Nobili a observé sur des pierres foudroyées des couches de sulfure de fer ; la foudre s’était emparée chemin faisant de ce sulfure, et l’avait ainsi transporté. On a observé le même effet sur des arbres foudroyés.

En 1707, la foudre tomba dans un moulin, sur une grosse chaîne en fer qui servait à hisser le blé ; les anneaux se fondirent et furent soudés l’un à l’autre, de manière que la chaîne devint une barre de fer.

On rencontre des traces de fusion par la foudre à peu près partout. Au sommet du mont Blanc, Saussure a trouvé des masses d’amphibole schisteux recouvertes de gouttes et de bulles noirâtres évidemment vitreuses, de la grosseur d’un grain de chanvre. Ayant comparé ces bulles avec d’autres qui recouvraient des briques frappées de la foudre, il n’eut pas de peine à en reconnaître l’identité.

Sur la plus haute cime du Toluca, près de Mexico, MM. de Humboldt et Bonpland ont constaté que la surface du rocher el Frayle était vitrifiée et que la foudre avait passé par là. C’est encore au passage de la foudre que l’on doit rapporter l’origine des fulgurites ou tubes fulminaires qu’on découvre dans les sables.

Avec l’électricité on peut aimanter le fer. Quand la foudre frappe les barres de fer d’un édifice, ces barres sont aimantées. Sur mer, les effets magnétiques sont plus sensibles encore : l’aimantation des aiguilles de la boussole peut être dérangée, comme aussi la marche des