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au pied par un sillon de plusieurs centimètres de profondeur.

Lorsqu’elle éclate sur des charpentes séchées par le temps, sur des toits de chaume, la foudre y met ordinairement le feu et produit un incendie ; souvent elle transporte au loin des objets d’un poids considérable, arrache des barres de fer de leurs scellements, fond et volatilise les métaux, déplace et renverse les meubles. Elle amène souvent des accidents bizarres ; on la voit délaisser un objet qui se trouve sur son passage pour en aller chercher un autre qui est à l’écart et caché, comme un clou, un morceau de métal au milieu d’une maçonnerie. Les divers degrés de conductibilité des corps suffisent pour expliquer ces préférences.

IV.

Jetons un coup d’œil général sur ces phénomènes, bien propres à étonner.

Le 6 août 1809, à Swinton, la foudre tombe sur une maison ; elle arrache de ses fondements un mur de 1 mètre d’épaisseur et de 4 mètres environ de hauteur, le soulève et le transporte, sans le renverser, à quelques pas plus loin. Ce mur se composait d’environ 7 000 briques et pesait près de 26 tonnes. — En 1723, la foudre brise un arbre dans la forêt de Nemours ; les deux fragments de la souche avaient l’un 5 et l’autre 7 mètres de long ; quatre hommes n’auraient pas soulevé le premier, la foudre le jeta cependant à 15 mètres de distance.