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viennent à se rencontrer, ils s’attirent mutuellement, et, arrivés à une certaine distance, leurs électricités s’élancent l’une vers l’autre pour se combiner ; cette combinaison est ce qu’on appelle la foudre : de là cette immense étincelle que l’on appelle éclair, et cette détonation qui suit l’éclair et à laquelle on a donné le nom de tonnerre.

On voit souvent l’éclair fendre la nue et sillonner une grande étendue du ciel qu’on a estimée être quelquefois de plus d’une lieue ; la trace qu’elle laisse est presque toujours en zigzags, ainsi que l’étincelle électrique produite par une forte décharge.

Le tonnerre est causé par une violente agitation de l’air qui se trouve sur le passage de l’électricité. Les roulements prolongés sont dus principalement au trajet de l’éclair à travers les différentes couches d’air qui ne reçoivent pas la même impulsion, parce qu’elles ne sont pas à la même température ni au même degré de sécheresse ou d’humidité. Il arrive souvent que le tonnerre est répété et prolongé par les échos des forêts, des montagnes ou des nuages ; cependant, en général, c’est la durée de l’éclair qui détermine la durée du tonnerre.

Le tonnerre ne se fait généralement entendre qu’un temps plus ou moins long après l’apparition de l’éclair ; cela tient à ce que le son se propage beaucoup moins vite que la lumière. Plus il s’écoule de temps entre l’apparition de l’éclair et le bruit du tonnerre, plus le nuage orageux est éloigné.

Ces phénomènes étaient bien connus des anciens : « Mais l’oreille, dit Lucrèce, n’entend le son du tonnerre que quand l’œil a aperçu l’éclair, parce que les simulacres qui frap-