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ou déliées et homogènes, ou formées de nœuds irréguliers ; le plus souvent c’étaient des berceaux de verdure, et l’aspect général était celui d’objets disposés pour une fête. La teinte des arbres était brune, comme aussi celle des nuages ; celle des bâtiments éclairés par les derniers rayons du soleil était d’un jaune-orange éclatant, et les ondulations y étaient si fortes, qu’ils paraissaient enflammés.

Toutes ces images étaient dans une continuelle agitation ; elles montaient et descendaient comme si elles avaient été élastiques et tirées en même temps par les deux bouts, s’allongeant et se contractant sans relâche, pendant la demi-heure que dura le phénomène. Dans ce mouvement incessant, la forme variait à chaque seconde, et souvent, le vide du centre venant à se remplir, au lieu de deux pyramides effilées, on voyait une masse colossale. Ce dernier effet était surtout apparent sur les maisons, plus fortement éclairées.

Vers le milieu de la ligne, un autre effet se prononçait. Il y a, à la distance de 8 kilomètres des dunes, le hameau des salines de Pécaï. M. Paris n’en voyait d’ordinaire que les sommets d’un bâtiment et de deux hautes cheminées d’usine ; dès le commencement du phénomène, le hameau s’est relevé légèrement, et l’une des maisons a semblé jeter des flammes. Bientôt il se porta tout entier sur le nuage, gardant sa position droite, alors que toutes les imagés à droite et à gauche étaient renversées et immobiles ; au milieu du mouvement général qui persistait à ses côtés, sa lumière était tranquille comme à la fin d’un beau jour d’été ; on pouvait y compter neuf bâtiments entre les deux grandes cheminées.