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levant, pour se rapprocher très faiblement du côté du couchant. Souvent même ils manquaient complètement de ce côté.

« Parfois il se produisait un autre effet, qui devint bientôt un sujet de récréation pour les militaires. Si, pendant que le soleil était à l’est, le vent soufflait du côté opposé, on projetait sur le lac un petit corps léger, susceptible d’être entraîné par le vent : il était curieux de le voir grossir à mesure qu’il s’éloignait, et dès que le vent lui avait fait atteindre les ondulations, il affectait tout à coup la forme d’une petite nacelle, dont l’agitation au-dessus des vagues était en raison des secousses que lui donnait le vent. Ce qui réussissait le mieux, c’étaient des têtes de chardon, qui obéissaient plus facilement à la plus légère brise ; alors l’illusion était complète. Dans la matinée du 18 juin, par une température de 26 degrés centigrades, une brise un peu forte de l’orient, et une couche nébuleuse qui commençait à dissiper la chaleur, nous lançâmes, à huit heures et demie du matin, un certain nombre de têtes de chardon ; et dès que le vent les eut poussées jusqu’au point où les ondulations se produisaient, elles offrirent tout à coup le spectacle curieux d’une flottille en désordre. Les nacelles semblaient se heurter les unes contre les autres, et puis, poussées par le vent jusqu’à une très grande distance, elles disparurent complètement, comme si elles avaient sombré. »

Il est à remarquer que les effets de mirage décrits par M. Bonnafont appartiennent plutôt aux lois de la réfraction qu’à celles de la réflexion des rayons lumineux.