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la terre, paraissait à des peuples païens digne de parer une déesse ; ils y voyaient la trace laissée par Iris, messagère des dieux.

Ce météore se produit lorsque la lumière du soleil, venant à tomber sur un nuage qui se résout en pluie, éprouve de la part des gouttes d’eau des réfractions qui la décomposent.

Ces rayons, amenés, par une réflexion subie dans l’intérieur même de la goutte d’eau, à l’œil d’un spectateur qui tourne le dos au soleil, y produisent la sensation d’un arc formé de bandes colorées ; ces bandes offrent les mêmes nuances que le spectre solaire, et dans le même ordre : la bande rouge étant extérieure à l’arc, et la bande violette intérieure.

On aperçoit quelquefois un second arc, qui enveloppe le précédent et dont les bandes sont rangées dans un ordre inverse ; il est produit par des rayons colorés qui ont subi deux réfractions dans l’intérieur des gouttes d’eau avant d’arriver à l’œil de l’observateur.

On peut produire des arcs-en-ciel en jetant de l’eau, en l’air, de manière qu’elle s’éparpille ; les jets d’eau, les cascades, la rosée qui humecte les prairies, nous offrent aussi ce phénomène lorsque l’on est placé convenablement pour l’observer, c’est-à-dire lorsque les gouttelettes étant éclairées par les rayons du soleil, on les regarde d’une certaine distance, en tournant le dos à cet astre.

M. l’abbé Raillard croit que le principe des interférences joue dans l’arc-en-ciel le rôle principal, et il explique par ce principe non seulement les phases de l’arc-