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la Réunion, on a pu facilement étudier si le cyclone ainsi que sa marche sont modifiés par la rencontre de ces obstacles naturels.

La course générale n’en est influencée en aucune manière.

On a des exemples nombreux de cyclones ayant frappé la Réunion, et qui plus loin sévissaient à bord des navires sans qu’on pût remarquer la moindre altération soit dans la vitesse de rotation, soit dans la manière dont les vents sont orientés.

Le 15 et le 16 février 1861, par exemple, la colonie de Maurice était frappée par un cyclone dont la course se dirigeait à peu près au milieu du canal qui sépare les deux îles sœurs, plus près cependant de Maurice que de la Réunion.

Le 16 et le 17 la Réunion était atteinte à son tour, en même temps que le navire l’Alfred et Marie, qui, à 30 milles à l’est de l’île, traversait le centre de l’ouragan, en éprouvant un intervalle de calme de douze heures.

Deux jours après, le 19, deux navires français étaient frappés, le Buron et le Saint-Mathurin ; ce dernier particulièrement, passait à travers le centre par la latitude de 20° 20’, et longitude de 55° 35’ est, et ressentait comme l’Alfred et Marie une accalmie de douze heures.

Voilà donc un cyclone que l’on a pu suivre pendant une étendue de plus de 400 milles sans constater aucune altération dans sa nature.

Ainsi, les terres élevées sur lesquelles passe un ouragan ne l’arrêtent pas dans sa course et ne modifient pas sa masse tourbillonnante ; cependant elles donnent lieu,