Page:Rambosson - Histoire des Météores, 1883.djvu/254

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


et tous les poissons qu’elle contenait ; elle a été les rejeter à une lieue et demie de là, au grand étonnement des personnes témoins de cette pluie ichthyologique[1]. »

Un des effets les plus remarquables des trombes est le clivage des bois en lattes minces et allongées, ou en filaments représentant une sorte de balai. Cet effet est sans doute produit par le passage de l’électricité, qui élève la température de la sève. Ceci est facile à comprendre : si le courant est quelque peu persistant, il élèvera la température de la sève, dont la tension brisera en lattes ou en fragments plus fins encore tout le ligneux du tronc, à l’endroit où il était le plus serré. Souvent, la décharge étant insuffisante, on ne trouve qu’une ou deux lanières arrachées, un arbre fendu en deux ou en quatre, ou enfin en un grand nombre de parties.

Les vieux bois, comme les bois de charpente bien abrités et bien secs, qui ne sont plus conducteurs de l’électricité, ne sont jamais clivés en lattes. Lorsque, par une circonstance particulière et dépendante du lieu où ils sont placés, la foudre les frappe en masse suffisante, ils sont marqués par des signes de carbonisation et non de clivage : le bois moins sec que ces vieux bois peut donner un peu d’écoulement à l’électricité et offrir un effet moyen.

On appelle tornados, des tempêtes très violentes, mais très courtes, elles existent à peine vingt minutes ; elles paraissent être un intermédiaire entre la trombe et le cyclone. En peu d’instants le vent souffle successivement de tous les points de l’horizon, et il semble que ce soit la

  1. Mauduyt, Écho du monde savant, 1835, numéros 90 et 83.