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lieue de longueur, sur une demi-lieue de largeur[1]. »

« Dans les endroits où passa cette trombe, dit le père Boscovich, en parlant de la trombe d’Arezzo, sa queue traça dans les champs de blé un chemin si parfaitement droit qu’il semblait fait par des moissonneurs. Non seulement elle a ravagé le blé, mais encore elle a amassé dans cet endroit une quantité de sable et de terre presque jusqu’à la hauteur d’un homme.

« Dans un endroit appelé Faltona, elle déracina en ligne droite quatre cents châtaigniers, et les transporta très loin. Deux jeunes bergers qui s’étaient réfugiés sous l’un de ces arbres furent emportés avec lui à la hauteur d’un coup de pistolet, et renversés à terre, sans lésion grave ; ailleurs, quatre oies furent enlevées, et une d’elles alla tomber sur la tête d’un cavalier. »

VI.

Quelquefois on a vu des contrées se couvrir presque instantanément d’un grand nombre de petits animaux. Les trombes ne sont pas étrangères à ce phénomène. Voici un fait singulier :

« Le 13 septembre 1835, une trombe a ravagé les communes de Caux, canton de Couché, et de Champagné-Saint-Hilaire. Sa marche a été du sud-ouest au nord-est, et elle y a causé des dégâts ; plusieurs arbres ont été arrachés et brisés, des maisons ont été renversées. Dans la dernière commune, elle a enlevé toute l’eau d’une mare

  1. L’abbé Richard, Hist. nat. de l’air et des météores, t. VI, § 625.