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le Groënland et les nouvelles terres qui ont reçu le nom de Louis-Napoléon, Après des privations sans nombre et des souffrances dont le récit seul épouvante, il arrive, en se traînant, au pied d’une infranchissable barrière hérissée d’aiguilles menaçantes et de glaçons amoncelés. C’est un rempart contre lequel semblent devoir se briser tous les efforts des hommes, c’est le cercle de l’Enfer de Dante.

Mais sur la droite s’entr’ouvre une brèche étroite, profonde, tortueuse. Il y pénètre, il la franchit !

Étrange et merveilleux est alors le tableau qui s’offre à ses yeux ! En un instant il touche à la réalisation de ses rêves.

La mer, la mer libre et sans bornes s’étend enfin tout à coup devant lui ! Pas une terre en face ! pas un glaçon à l’horizon ! Les bords resserrés du long détroit de Smith, qu’il a suivis pendant 80 milles, s’élargissent subitement et limitent, en fuyant à l’est et à l’ouest, l’immense nappe à reflets verdâtres dont les flots soulevés par la brise viennent rouler jusqu’à ses pieds. Des phoques, des loups marins, des nuées d’oiseaux de mer couvrent le rivage. Partout la vie, partout l’influence d’une bienfaisante chaleur rayonnant du sein de cet océan inconnu. C’est bien le vaste réservoir alimenté par les eaux tièdes que l’Atlantique abandonne au courant sous-marin du détroit de Davis. Le flux et le reflux périodiques que l’on y observe indiquent suffisamment d’ailleurs la profondeur de son lit et l’immense étendue de ses bords.

Appréciant, au point de vue scientifique, l’importance que peut avoir la découverte de la partie la plus mysté-