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Successivement le lit du fleuve se déplace de plusieurs kilomètres de l’une à l’autre des falaises qui le dominent ; enfin les bancs de sable et de vase du fond sont agités et mobilisés comme les vagues de la surface. Rien de plus étonnant que ces redoutables barres de flots observées sous les rayons du jour le plus pur, au milieu du calme le plus complet, et dans l’absence de tout indice de vent, de tempête, ou d’orage de foudre.

« Les bruits les plus assourdissants annoncent et accompagnent ces grandes crises de la nature, préparées par une cause éminemment silencieuse : l’attraction universelle. Homère, le grand peintre de la nature, semblerait avoir été témoin de pareils phénomènes lorsqu’il en écrivait la fidèle description que voici :

« Telle aux embouchures d’un fleuve, qui court guidé par Jupiter, la vague immense mugit contre le courant, tandis que les rives escarpées retentissent au loin du fracas de la mer que le fleuve repousse loin de son lit. »

XI.

Un grand avantage que nous procure le flux, c’est de pousser l’eau de la mer dans les fleuves, et de rendre leur lit assez profond pour qu’ils soient capables d’amener jusqu’aux portes des grandes villes les marchandises dont le transport serait sans cela beaucoup plus difficile, et quelquefois même impossible.

Les vaisseaux attendent ces courants d’eau pour arriver