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de mer de cuivre en grain, MM. Durocher et Malaguti y ont constaté la présence d’une quantité appréciable d’argent. M. Tuli, en Amérique, a répété l’expérience des savants français, et il est arrivé, de son côté, à cette conclusion, que l’Océan contient au moins deux millions de tonnes ou deux billions de kilogrammes d’argent : partagés entre tous les hommes, cela ferait 400 francs par tête.

L’or se trouve également dans les mers. Il est démontré que tous les fleuves, et le Rhin en particulier, charrient ce précieux métal. Notre Seine elle-même est aurifère ; M. de Sussex faisait remarquer que lorsque l’on fait fondre dans des creusets, pour la préparation du verre, du sable de Seine, pris au Bas-Meudon, et qu’après la fusion on polit la surface intérieure du fond des creusets brisés, on y aperçoit non seulement des parcelles, mais de petites pépites d’or.

III.

Le phénomène de la phosphorescence de la mer est un des plus beaux que l’on puisse contempler. Lorsqu’il se manifeste dans toute sa splendeur, la surface de l’abîme rivalise de magnificence avec les cieux étoilés. Cette phosphorescence des flots est produite soit par des débris d’animaux marins, soit par des animalcules, de petits mollusques qui fourmillent à la surface des eaux, principalement par la noctiluca miliaris. M. Phipson a fait observer qu’un certain nombre de ces animalcules se trouvent emprisonnés dans les vêtements de laine après les bains de mer, et y rencontrent assez d’humidité pour y vivre un