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fondeurs, des couleurs variées. Ce n’était pas une de nos moindres distractions, lorsque nous parcourions l’Océan, d’étudier la diversité de ces teintes. Tantôt elles sont d’un bleu d’azur qui défie les plus beaux saphirs ; d’autres fois, d’un vert qui ressemble à de l’émeraude liquide, l’œil ne se lasse pas de regarder le sillon éblouissant que trace alors le navire. Puis elles passent par toutes les nuances que l’on peut imaginer entre ces deux teintes principales : bleu sombre, bleu gris, vert bleu, vert jaunâtre, vert sombre, vert gris, etc. ; cette dernière couleur est surtout remarquable dans toute la largeur du banc des Aiguilles.

Jusqu’ici l’explication que l’on donnait de la cause de ces teintes diverses laissait beaucoup à désirer, mais on s’est assuré qu’elles sont produites par les matières que les eaux de l’Océan tiennent en suspension, suivant les parages.

On a mis en évidence la présence dans l’eau de l’Océan d’une assez grande quantité de cuivre, pour que l’on puisse affirmer que la couleur bleue intense que présente la mer dans certains parages est due à un composé ammoniacal de cuivre, et la couleur verte à du chlorure de cuivre.

M. Septimus Piesse a suspendu aux flancs d’un bateau à vapeur qui fait le trajet de Marseille en Corse et en Sardaigne, un sac rempli de clous et de tournure de fer, et après quelques voyages, lorsque le sac fut rapporté au laboratoire, on constata qu’une notable quantité de cuivre s’était précipitée à la surface du métal.

Par un moyen analogue, par la suspension dans de l’eau