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V.

Mais ce sont surtout les ouragans nommés cyclones, qu’il faut observer dans ce que l’on peut appeler leur vraie patrie, c’est-à-dire dans la mer des Indes, si l’on veut s’en former une juste idée.

Rien de plus grandiose et de plus effrayant à la fois que ces ouragans.

Lorsque l’hivernage est arrivé, c’est-à-dire la saison la plus brûlante de ces climats, et qu’un calme sinistre et inaccoutumé se répand sur la nature, chacun consulte le ciel, cherche à lire dans la direction des nuages, observe le vol des oiseaux de mer et interroge le baromètre.

On n’est nullement étonné alors de voir bientôt le ciel se couvrir de nuages fauves qui portent avec eux la terreur, présage éloquent d’un bouleversement prochain. La voix du canon ne tarde pas à donner aux navires le signal d’appareiller, et de s’éloigner des côtes hospitalières qui deviendraient bientôt pour eux le récif de leur naufrage.

Chacun est dans une attente pleine d’inquiétude ; tous s’interrogent d’un triste regard et se communiquent leurs funèbres pressentiments.

Dans toutes les habitations, des ordres sont donnés, les précautions les plus minutieuses sont prises, les troupeaux sont ramenés des champs, les fruits sont abrités, les portes et les fenêtres sont doublées de larges planches et consolidées par de fortes barres pour résister aux fureurs de