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X.

Les savants sont parvenus à produire dans leur cabinet, et à volonté, un grand nombre des phénomènes que nous présente l’univers. Avantage immense, qui permet de les étudier, de les observer à loisir et de se rendre compte de la marche mystérieuse qui produit leur développement. M. l’abbé Sanna-Solaro a ainsi forcé la nature à faire de la grêle quand bon nous semble.

La formation de ce météore était à l’état de problème ; aucune solution satisfaisante n’en avait été donnée ; on l’expliquait par des hypothèses qui s’évanouissent devant les expériences de la science. Le savant physicien dont nous parlons a produit ce météore sous nos yeux ; on a surpris la nature sur le fait, en sorte que l’on peut maintenant donner de ce phénomène, qui était très obscur, une théorie parfaitement exacte, fondée sur l’observation.

Jusqu’à présent on croyait que la grêle commençait par un petit point, par un petit noyau, et que des couches successives finissaient par produire des grêlons plus ou moins gros.

Cette hypothèse laisse sans explication les différents phénomènes qui accompagnent ce météore.

Les grêlons se produisent presque instantanément, à peu près tels qu’ils sont au moment de leur chute ; la congélation commence par l’extérieur du grêlon, et va ainsi de la circonférence au centre.

L’enveloppe extérieure s’étant formée, la partie du liquide qui lui fait contact se refroidit, des bulles d’air se